« J’avais beau savoir ce que signifiait être indétectable, l’assimiler en y étant directement confronté, c’est autre chose. »
— Grégoire, concubin d’une personne vivant avec le VIH
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J’ai rencontré Adrien il y a dix mois. Il se trouve qu’il est séropositif depuis dix ans. Sous traitement depuis cinq ans, il est devenu indétectable. Avant lui, je n’avais jamais été au contact de personnes séropositives dans mon entourage.

Avec lui, ça a été comme un coup de foudre. On s’est tout de suite plus et revus tous les soirs qui ont suivi notre première rencontre. Il ne m’a pas dit tout de suite qu’il était séropositif. Et puis, un jour, il m’a dit « écoute, j’ai un truc à te dire… ». Sur le coup, j’ai été un peu secoué car j’ai toujours eu peur du VIH. D’un coup, je me suis retrouvé face à mes principes d’être ouvert, tolérant, humaniste et face à cette réalité. On peut être vertueux par principe, le plus difficile c’est de faire face à la situation. Allais-je en être capable ? C’était la grande question. Mais j’avais conscience que nous avions une belle histoire à vivre, c’est ce qui m’a aidé à m’engager.

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Je savais déjà ce que signifiait être indétectable. Mais, j’avais beau le savoir, l’assimiler en y étant directement confronté, c’est autre chose. Même en sachant que je ne risquais pas d’être contaminé, j’ai quand même eu besoin d’être rassuré au début. Je me suis alors tourné vers AIDES pour qu’on me confirme ce que j’avais toujours lu et entendu : je pouvais coucher avec lui sans préservatif, je ne risquais rien à partir du moment où il était indétectable et qu’il prenait bien son traitement.

Ce qui nous a aidé, c’est qu’Adrien parle très facilement et très simplement de sa maladie. Cette facilité d’échange a été quelque chose de primordial. Si ça avait été un sujet tabou, je n’en serais pas là aujourd’hui. C’est ce qui m’a permis, moi aussi, d’en parler facilement à mes amis et de m’impliquer dans sa thérapie. Finalement, sa maladie fait partie de notre vie à tous les deux et le VIH est un combat commun qui nous unit.

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Aujourd’hui, Adrien vit tout à fait normalement et de manière très épanouie. Sa maladie n’est pas un sujet de préoccupation. Médicalement, il n’est pas embêté et n’a qu’une seule pilule à prendre par jour. Le VIH/sida ne l’a jamais empêché de faire des études et d’avancer professionnellement. Il travaille dans la gestion de patrimoine avec beaucoup de responsabilités et progresse très bien dans son parcours professionnel.

Depuis le printemps dernier nous nous sommes engagés en faveur de AIDES, pour apporter notre soutien et notre énergie mais aussi pour montrer que cette maladie ne doit pas être uniquement associée à des personnes fragiles et isolées. Dans le fond, il y a un message de prévention pas simple à faire passer. Il faut à la fois se dire que le VIH/sida, aujourd’hui, ce n’est pas dramatique et que ça ne doit pas t’empêcher de mener une belle vie. En même temps, il faut faire comprendre qu’il faut absolument l’éviter.

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Ce qui m’a également motivé, c’est le manque de communication des pouvoirs publics. Il y a des retards considérables en matière d’information qui m’interpellent. On ne parle plus de cette question.

On a besoin de passer des messages forts auprès des jeunes générations qui ne se sentent plus concernées. Il faut leur rappeler qu’il faut se protéger et que, le plus important, c’est de se faire dépister pour savoir si on est contaminé ou non. C’est ça finalement qui nous protège le mieux sur le long terme, à titre personnel mais également pour les autres.

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